Biographies inspirantes

SIMON PHILIBERT, L’EMBARGO SE LÈVE

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Simon Philibert, que plusieurs ont connu comme journaliste et présentateur à TVA, notamment à Salut Bonjour, possède une âme d’entrepreneur hors du commun. Dès l’âge de douze ans, il mettait déjà sur pied sa propre compagnie de production événementielle. Aujourd’hui, il dirige Embargo, une entreprise solidement implantée dans le milieu de la production d’événements. Son équipe permanente compte une douzaine de personnes, mais peut s’élargir jusqu’à une cinquantaine de contractuels selon l’ampleur des projets. Embargo agit souvent dans l’ombre, aussi bien derrière une Fête nationale que l’inauguration d’un complexe hydroélectrique, un gala télévisé ou un festival.

Natif de Baie-Comeau, sur la Côte-Nord, Simon voit le jour en 1993 dans une famille de fonctionnaires. Il a une sœur et grandit dans un environnement stable et bienveillant. « On pourrait dire que je suis né et que j’ai grandi dans un milieu normal, avec des parents très attentifs et aimants. Du genre : rien à signaler », explique-t-il. Il effectue l’ensemble de son parcours scolaire — du primaire au CÉGEP — à Baie-Comeau. S’il avait d’abord souhaité s’inscrire en arts et technologies des médias dès le CÉGEP, ses parents, soucieux de son avenir, jugeaient le milieu des communications trop imprévisible. Il opte donc pour l’administration, une discipline qu’il apprend à apprécier et qu’il complète à l’Université Laval, avant de poursuivre un autre cheminement en communications à l’Université de Montréal.

C’est dès le secondaire que Simon commence à organiser des spectacles dans le cadre scolaire. Le véritable déclic survient lorsqu’une dame lui demande de mettre en scène un événement corporatif. « Ce contrat, c’était quelque chose. Mon père a dû signer la location de l’équipement technique, car j’étais mineur et l’entreprise refusait de me louer directement. Quand les 2 000 personnes présentes ont assisté à l’événement, ma réputation était faite dans la ville. »

Hyperfébrile et animé par une passion contagieuse, Simon poursuit ses études tout en multipliant les contrats. L’argent commence à entrer, tout comme les occasions. À l’université, il devient l’un des meilleurs clients de la compagnie aérienne reliant Baie-Comeau à Montréal, tant les allers-retours sont fréquents. Les contrats affluent également de la région de Québec. Après ses études, il s’installe à Montréal et est embauché par TVA en 2017 comme journaliste, couvrant l’est du Québec. Il y occupe successivement plusieurs postes d’animateur et de lecteur de nouvelles, et collabore à Salut Bonjour.

Passant du statut de travailleur autonome à celui d’entrepreneur, il incorpore officiellement son entreprise — dont il demeure l’actionnaire majoritaire — juste avant la pandémie. « Comme tout le milieu de l’événementiel, la pandémie m’a frappé de plein fouet, raconte Simon. Mais j’ai trouvé une façon de ne pas tout perdre : avec mon bras droit et ami de longue date, j’ai créé une émission Web sur Facebook. » Intitulée Comment ça va, l’émission mettait en lumière des organismes et des citoyens de la région et connaît un succès rapide. « Tout à coup, des dirigeants d’entreprises nous ont contactés pour adapter le concept à leurs employés en télétravail. Et ils nous payaient pour le faire. »

Une fois la pandémie derrière nous, Embargo reprend sa croissance et étend son rayonnement jusqu’à Montréal. De la création de concepts à la fourniture d’équipements techniques, de la réalisation à la coiffure et aux costumes, en passant par l’animation et le tournage, l’entreprise couvre toutes les facettes de l’événementiel. Il suffit de visiter le site d’Embargo pour mesurer l’ampleur du travail accompli : près de 250 événements réalisés depuis 2020.

Simon Philibert n’a jamais été confronté à l’homophobie, ni durant sa jeunesse ni aujourd’hui. « J’ai fait mon coming out assez tard, à 29 ans, précise-t-il, et tout s’est très bien passé dans ma famille. Je suis en couple depuis trois ans et nous nous affichons sans chichi. Plus jeune, je craignais les réactions parce que je vivais en région. Aujourd’hui, les mentalités ont beaucoup évolué, même en dehors des grands centres. »
Simon Philibert donne l’image d’un homme en quête constante d’excellence, attentif aux autres et visiblement à l’aise dans sa vie. « Le seul conseil que je peux donner aux plus jeunes, conclut-il, c’est d’être persistants dans leurs objectifs, de ne pas abandonner au premier caillou sur le chemin, de bien s’entourer et, surtout, d’avoir du plaisir. Ce sont les clefs de mon parcours. »

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