Biographies inspirantes

MAXIME DUMAIS, L'ART DE SE RELEVER POUR MIEUX GUIDER

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En fondant ÉQUINOXE, Maxime Dumais a atteint un objectif qu’il poursuivait depuis des années. Cela s’est d’abord matérialisé lorsqu’il est devenu conseiller d’orientation organisationnel, puis « coach certifié », et qu’il peut aujourd’hui diriger une entreprise regroupant à ce jour une équipe d’une dizaine de personnes, employés ou collaborateurs. Ensemble, ils offrent des services d’accompagnement en développement de carrière et en coaching professionnel, tant auprès des individus (professionnels, gestionnaires et exécutifs) que des organisations (PME, organismes, réseau public, etc.). Le volet des services aux organisations est actuellement en pleine expansion, soutenant les leaders et leurs équipes dans les changements organisationnels, la gestion de carrière, la consolidation d’équipe, entre autres.

Son parcours a toutefois été marqué par plusieurs difficultés, dont de graves problèmes de santé qui nécessitent encore un suivi permanent. « J’ai traversé des périodes dures, dit-il, mais je n’ai jamais douté de mes capacités à me ressaisir pour aller plus loin. »

 

C’est à Sept-Îles qu’il naît, en 1988, dix ans après la naissance de son frère. Ses parents sont profondément ancrés dans la Côte-Nord. Son père travaillait dans la construction jusqu’à ce qu’un accident de travail, à l’âge de 30 ans, l’empêche de continuer. C’est alors la mère de Maxime qui devient aidante naturelle. « Depuis mon jeune âge, mes parents avaient pris conscience de mon orientation sexuelle, car j’exprimais beaucoup mon côté féminin. C’est ainsi que je peux dire que j’ai fait mon coming out vers mes 14 ans et que j’ai eu mon premier partenaire une année plus tard. Il pouvait dormir avec moi sans que mes parents trouvent à y redire. »

À l’école, ce coming out a, singulièrement, augmenté la popularité du jeune homme, car, ajoute-t-il, « tout le monde voulait avoir un ami gai ».

 

Pour faire son cégep, il part pour Québec, où les études passent après les amis. « J’étais toujours sur le party », dit-il. Il entre au Collège de radio-télévision de Québec, une école de laquelle sont sortis de nombreux animateurs. Quelques années plus tard, il décroche également un baccalauréat en théâtre à l’Université Laval, avec une spécialisation en création et mise en scène. En parallèle, Maxime travaille comme serveur dans un restaurant. Il vit en couple à ce moment-là et apprend qu’il est gravement malade. Il rompt avec son conjoint et décide de retourner dans le giron familial. La maladie s’aggrave à un tel point qu’il doit se faire traiter à Washington pendant un an. « J’ai affronté deux fois la mort clinique, mais ils m’ont rescapé », se souvient-il.

 

Il demeure en arrêt de travail pour maladie pendant plusieurs années, mais alors qu’il a 28 ans, en 2016, Emploi-Québec lui offre l’occasion de retourner aux études. Il y voit l’opportunité de se relever et de transformer l’épreuve en occasion de reconstruction. Il décroche un baccalauréat, puis une maîtrise en orientation à l’Université Laval, à Québec.

« J’ai été recruté pour mon stage clinique final par le Centre de réadaptation en déficience physique de Québec, où j’intervenais auprès de personnes ayant vécu des accidents ou de graves maladies. Par la suite, je suis passé à l’organisme La Croisée, qui œuvre dans le même domaine. J’étais alors porté par le désir de changer les choses, après les aventures malheureuses que m’avait racontées mon père dans son propre processus vers l’invalidité. »

 

Peu de temps après la pandémie de la COVID, qui fut pour lui « l’âge d’or des transitions de carrière », il se sent prêt à passer au prochain niveau avec son projet d’affaires alors appelé Création Carrière. « J’ai vite connu une forte expansion du côté de la clientèle, mais mon modèle financier n’était pas le bon, poursuit-il. Finalement, avec mon nouveau conjoint, nous avons décidé d’effectuer une transition organisationnelle pour devenir ÉQUINOXE COACHING (nom légal de l’entreprise). »

 

Au niveau individuel, ÉQUINOXE vise une clientèle adulte âgée de 35 à 55 ans, souvent en transition de carrière ou en réflexion sur leur vie professionnelle. Au niveau institutionnel, ce sont les PME, les organismes et la fonction publique qui sont accompagnés dans leurs transformations organisationnelles, la consolidation des équipes ou le développement des compétences. Le succès se mesure assez rapidement : ÉQUINOXE compte environ 400 clients individuels et plus d’une quinzaine d’organisations accompagnées à ce jour. L’entreprise est un important fournisseur de la CNESST, partenaire de l’IVAC (victimes d’actes criminels) et collabore avec le Conseil du Trésor à Québec.

Maxime accepte aussi un poste de chargé de cours à l’ENAP, à travers lequel il enseigne et accompagne la relève de gestionnaires de la fonction publique.

« L’arrivée de mon conjoint, et maintenant époux, dans ma vie privée et professionnelle, souligne Maxime, a élevé à un autre niveau ma confiance dans mes capacités de leadership et d’entrepreneur. Être ainsi soutenu est une force sans pareille. Je suis un homme au comble du bonheur. Je crois que les difficultés que j’ai traversées ont développé en moi une force et des compétences précieuses. »

Aujourd’hui, il agit à titre de mentor-coach pour les intervenants et les coachs, en plus d’accompagner la clientèle de son entreprise dans leurs transitions et leur développement, tant personnel que professionnel.

Maxime a, à l’évidence, une grande passion pour le développement de carrières et d’entreprises, et maintient un profond intérêt pour l’apprentissage continu et l’acquisition de connaissances. Il sait aussi s’entourer de personnes compétentes. « Je veux continuer à promouvoir l’empathie, l’authenticité, l’ouverture d’esprit et l’espoir, malgré tous les ennuis qui peuvent exister dans une vie. C’est en conservant notre lumière au fond de nous-mêmes que nous, gens de la communauté LGBTQ, pouvons changer le monde, diffuser l’amour et rejeter toute forme de violence. »

Maxime s’implique également dans la communauté LGBTQ et constate avec regret que les plus jeunes pensent trop souvent que « tout est acquis », car ils ne connaissent pas l’histoire de notre mouvement au Québec, et encore moins dans le monde. Nous pouvons être dans la douceur et l’humanité, selon Maxime, tout en étant des porte-étendards, voire des militants, de la diversité et de l’ouverture d’esprit. « Je crois qu’il faut d’abord faire preuve d’ouverture à l’autre avant de lui en demander. J’applique ces principes également dans la gestion de mon entreprise, conclut-il, et ça a l’air que ça marche ! »

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